Leito a publié une critique de Sapiens par Yuval Noah Harari
Sapiens
4 étoiles
[Rattrapage toujours, notes vieilles de quelques mois]
J'étais vaguement curieux de cet essai best-seller de vulgarisation scientifique (qui a même généré son adaptation en bande-dessinée, pour vulgariser la vulgarisation) sans pour autant encombrer mes bien chargées piles de lecture avec ce titre. Et puis on me l'a offert et j'ai saisi l'occasion, c'est pas souvent qu'on peut lire des trucs sur la préhistoire.
Car ce livre parle des origines de l'humanité, puis la naissance des civilisations, de la culture, la monnaie, les religions,… jusqu'à aujourd'hui et s'aventure même à faire des pronostics sur le futur.
D'un côté, c'est passionnant et très bien vulgarisé. Je soupçonne l'auteur d'être un très bon professeur. Les concepts sont très accessibles et limpides, bien exposés, il y a des anecdotes parlantes et intéressantes… N'ayant pas fait d'études ou beaucoup de lectures ne sciences naturelles, j'ai appris beaucoup de choses sur les premiers …
[Rattrapage toujours, notes vieilles de quelques mois]
J'étais vaguement curieux de cet essai best-seller de vulgarisation scientifique (qui a même généré son adaptation en bande-dessinée, pour vulgariser la vulgarisation) sans pour autant encombrer mes bien chargées piles de lecture avec ce titre. Et puis on me l'a offert et j'ai saisi l'occasion, c'est pas souvent qu'on peut lire des trucs sur la préhistoire.
Car ce livre parle des origines de l'humanité, puis la naissance des civilisations, de la culture, la monnaie, les religions,… jusqu'à aujourd'hui et s'aventure même à faire des pronostics sur le futur.
D'un côté, c'est passionnant et très bien vulgarisé. Je soupçonne l'auteur d'être un très bon professeur. Les concepts sont très accessibles et limpides, bien exposés, il y a des anecdotes parlantes et intéressantes… N'ayant pas fait d'études ou beaucoup de lectures ne sciences naturelles, j'ai appris beaucoup de choses sur les premiers hominidés et les diverses théories qui expliquent le pourquoi et le comment de l'homo sapiens. De même sur la sédentarisation, la naissance du commerce, et le développement sur les différentes formes de religions (polythéistes, monothéistes, dualistes, animistes) et comment elles sont liées. Yuval Noah Harari semble par ailleurs être un défenseur du véganisme et, sans jamais le nommer, parle plusieurs fois de souffrance animale de manière convaincante.
De l'autre, — et on s'en rend compte quand il aborde des sujets plus familiers ou sur lesquels on a lu une bibliographie plus conséquente —, Yuval Noah Harari pense un peu trop avoir l'explication à tout, quitte à inventer ou tordre des courants de pensée pour qu'ils collent à son explication. Quand il parle des écologistes, des mouvements anticoloniaux ou du communisme, il mélange la condescendance à l'imprécision pour disserter sur la véritable nature de l'Homme. Condescendance de celui qui sait mieux, qui ouvre les yeux à des ignares qui ne voient pas que "l'idéologie est une religion" (une démonstration qu'il avance en pur sophisme, comme si les courants de pensée ne pouvaient se fixer sur des études et des faits). Le passage qui m'a le plus tendu, c'est celui où il dit à demi-mot que le colonialisme, l'impérialisme, ont permis l'avancée de la civilisation (sans vraiment assumer, en se cachant un peu derrière le propos universaliste).
Dans son complexe de l'homme de sciences qui peut donner son avis sur tout et n'importe quoi, il s'improvise prophète et termine son livre en parlant de transhumanisme, de fin de l'histoire (regardez comme le monde ne fait qu'avancer vers le progrès et la paix) et bascule dans le techno-solutionnisme en avançant que l'humanité a toujours trouvé une nouvelle source d'énergie pour répondre à ses besoins. Évidemment, sur ces derniers chapitres, il faut se rappeler qu'il a publié ce livre en 2011, mais ça ne fait que confirmer l'aveuglement (et l'ego) avec lequel il a écrit plusieurs chapitres de ce qui est sensé être une œuvre éclairante sur l'Humanité.
C'est un pavé avec à boire et à manger, qui n'a pas toujours les moyens de son ambition à mon avis, mais qui nous expose tout de même beaucoup de thèmes passionnant en donnant l'envie de s'y intéresser de plus près.