tk veut lire Project Hail Mary par Andy Weir

Project Hail Mary de Andy Weir
Ryland Grace is the sole survivor on a desperate, last-chance mission--and if he fails, humanity and the earth itself will …
Je lis surtout de la SFF en évitant les hommes blancs issus de l'hégémonie culturelle, de la poésie, de la littérature de voyage, de la critique des technologies, puis de l'écologie dans une compréhension assez large. Par snobisme, j'ai une préférence pour les éditions dans la langue d'origine mais les questions de traduction me travaillent aussi beaucoup.
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29% terminé ! tk a lu 14 sur 47 livres.

Ryland Grace is the sole survivor on a desperate, last-chance mission--and if he fails, humanity and the earth itself will …
Hasard de lectures parallèles : Ça parle de béton et de ciment alors que je suis entrain de lire Désarmer le béton dont le sous-titre est justement "réhabiter la terre".
Hasard de lectures parallèles : Ça parle de béton et de ciment alors que je suis entrain de lire Désarmer le béton dont le sous-titre est justement "réhabiter la terre".
J'avoue être incapable de programmer mes lectures de fictions. Voilà par exemple des années que 'Tè Mawon' figure sur ma PàL et qu'un exemplaire traîne dans ma bibliothèque. Ces dernières semaines, le fait que l'auteur publie ce mois-ci 'Kò Mawon', qui renoue avec le même univers, a sans doute contribué à réactualiser l'idée. Et puis, hier soir, en sortant de l'écoute d'un passionnant documentaire consacré à Édouard Glissant et à son oeuvre ("Édouard Glissant, poète d'un monde à venir" : www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/toute-une-vie/edouard-glissant-1928-2011-poete-d-un-monde-a-venir-4084664), alors que je refeuilletais des passages du 'Discours antillais', je me suis finalement retrouvée à ouvrir 'Tè Mawon'. On va voir où cette lecture va me mener :)
J'avoue être incapable de programmer mes lectures de fictions. Voilà par exemple des années que 'Tè Mawon' figure sur ma PàL et qu'un exemplaire traîne dans ma bibliothèque. Ces dernières semaines, le fait que l'auteur publie ce mois-ci 'Kò Mawon', qui renoue avec le même univers, a sans doute contribué à réactualiser l'idée. Et puis, hier soir, en sortant de l'écoute d'un passionnant documentaire consacré à Édouard Glissant et à son oeuvre ("Édouard Glissant, poète d'un monde à venir" : www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/toute-une-vie/edouard-glissant-1928-2011-poete-d-un-monde-a-venir-4084664), alors que je refeuilletais des passages du 'Discours antillais', je me suis finalement retrouvée à ouvrir 'Tè Mawon'. On va voir où cette lecture va me mener :)

Nous vivons sous l’injonction de la réussite. Réussir, c’est se livrer corps et âme à la compétition pour se hisser …

Nous vivons sous l’injonction de la réussite. Réussir, c’est se livrer corps et âme à la compétition pour se hisser …

Avec Tovaangar, Céline Minard nous offre une version lumineuse du monde d’après. Si la civilisation humaine n’est plus, ses vestiges …
Dans un futur proche où la Terre telle que l'habitait l'humanité achève de se noyer sous l'effet des dérèglements climatiques et d'une montée des eaux inéluctable, plusieurs femmes unissent leurs compétences, durant quelques semaines, dans une base de lancement de fusée abandonnée mais encore en bon état, pour encoder et envoyer dans l'espace toutes les archives de l'humanité qu'a pu rassembler l'IA qui y est déployée.
Premier roman de Léa Cuenin, Memory Palace est un récit sur la fin d'un monde autant que sur ce qui reste, par la mémoire, par les formes de transmission auxquelles on s'accroche, mais aussi par l'obstination à (sur)vivre dans un tel contexte. C'est un roman construit autour de figures féminines fortes, résolues, au sein desquelles s'entremêlent fragilité et résilience, et qui symbolisent autant de trajectoires de vies percutées par ce contexte d'effondrement.
Si l'histoire se déroule sur fond de compte-à-rebours de lancement …
Dans un futur proche où la Terre telle que l'habitait l'humanité achève de se noyer sous l'effet des dérèglements climatiques et d'une montée des eaux inéluctable, plusieurs femmes unissent leurs compétences, durant quelques semaines, dans une base de lancement de fusée abandonnée mais encore en bon état, pour encoder et envoyer dans l'espace toutes les archives de l'humanité qu'a pu rassembler l'IA qui y est déployée.
Premier roman de Léa Cuenin, Memory Palace est un récit sur la fin d'un monde autant que sur ce qui reste, par la mémoire, par les formes de transmission auxquelles on s'accroche, mais aussi par l'obstination à (sur)vivre dans un tel contexte. C'est un roman construit autour de figures féminines fortes, résolues, au sein desquelles s'entremêlent fragilité et résilience, et qui symbolisent autant de trajectoires de vies percutées par ce contexte d'effondrement.
Si l'histoire se déroule sur fond de compte-à-rebours de lancement d'une fusée, tout repose avant tout, non pas sur du spectaculaire, mais sur l'art qu'a l'autrice de capturer des suites d'instantanés, issues d'un quotidien presqu'ordinaire, mais qui ne peut plus l'être dans ce décor de fin d'une ère. C'est contemplatif, souvent poétique, parfois particulièrement touchant aussi : Léa Cuenin parvient à faire naître des émotions incroyables à partir de scènes très simples, avec des protagonistes humaines et/ou non humaines ; des passages parfois douloureux, parfois porteurs d'espoir, qui restent synonymes d'une forme de capacité d'agir qui ne faillit pas, envers et contre tout.
En résumé, un récit, porté par des personnages féminines marquantes et une ambiance indéfinissable, où se mêlent l'impression d'un temps qui n'en finit plus de finir et le ressenti pesant d'une fatalité inéluctable. J'ai beaucoup aimé.

Des événements qui, il y a peu, relevaient de l’improbable, de scénarios du pire, ou de la dystopie, sont désormais …

Des événements qui, il y a peu, relevaient de l’improbable, de scénarios du pire, ou de la dystopie, sont désormais …
La bandeau du livre promet beaucoup, rien moins qu'«Un nom de la rose version underground ». L'auteur est un pseudonyme collectif, ancêtre de Wu Ming, autre pseudo d'écrivains italiens. Nous leur devons, pour ce que j'ai lu, l'excellent Proletkult, mêlant débats au sein du Parti bolchévique en URSS, montée du stalinisme qui allait y mettre fin et de la SF dans une mise en abyme très documentée. Puis OVNI 78 sur l'épidémie « ovniesque » et les années de plomb en Italie, dans un polar bien ficelé et là encore extrêmement documenté. Pour ce qui est de la documentation, de l'érudition historique, ce précédent opus annonçait la couleur et le bandeau est mérité de ce point de vue.
Nous suivons un révolté, survivant de la Guerre des paysans de 1525, dans sa fuite et ses pérégrinations, géographiques, de l'Allemagne, à Strasbourg, des Pays-Bas à l'Italie. Mais aussi pérégrinations …
La bandeau du livre promet beaucoup, rien moins qu'«Un nom de la rose version underground ». L'auteur est un pseudonyme collectif, ancêtre de Wu Ming, autre pseudo d'écrivains italiens. Nous leur devons, pour ce que j'ai lu, l'excellent Proletkult, mêlant débats au sein du Parti bolchévique en URSS, montée du stalinisme qui allait y mettre fin et de la SF dans une mise en abyme très documentée. Puis OVNI 78 sur l'épidémie « ovniesque » et les années de plomb en Italie, dans un polar bien ficelé et là encore extrêmement documenté. Pour ce qui est de la documentation, de l'érudition historique, ce précédent opus annonçait la couleur et le bandeau est mérité de ce point de vue.
Nous suivons un révolté, survivant de la Guerre des paysans de 1525, dans sa fuite et ses pérégrinations, géographiques, de l'Allemagne, à Strasbourg, des Pays-Bas à l'Italie. Mais aussi pérégrinations politiques et religieuses qui nous montreront la grande variété des courants anabaptistes, contestataires, parfois par la force des choses, les choses étant ici l'Eglise romaine et le Saint-Empire. De l'écrasement de Müntzer, aux délires post-millénaristes à Munster, nous verrons en passant d'autres courants, comme les joristes, les mennonites, les calvinistes et les débats entre eux. En sous-main, les barbouseries de l'Eglise et de son bras armé, l'Inquisition, l'intrigue étant la poursuite du héros par une immonde taupe bien collante, le fameux Q., au service de Carafa, futur pape. Si les auteurs n'ont qu'un nom, le héros, fuyant la répression, dût en prendre plusieurs. A l'inverse, Q., longtemps, n'aura qu'un pseudonyme. C'est trépidant, par exemple avec la prise de Munster par les Anabaptistes. Le livre est l'occasion de démêler les intérêts géopolitiques derrière des questions religieuses, la montée en puissance de la bourgeoisie financière, avec notamment les Fugger, les alliances d'apparence contre-nature et l'oppression des paysans, des femmes et des Juifs. Intrigue, histoire et politique se croisent alternativement comme toile de fond et trame. Passionnant car détaillé sur les affrontements politiques de l'époque mais c'est qui peut rebuter si l'on est pas intéressé par le sujet. Sinon une somme épique.